mercredi 6 mars 2013

Montréal en 1949 (partie 1)

Voilà plus de 60 ans, au lendemain de la Deuxième Guerre Mondiale, qu'aurait-on vu de l'Île de Montréal si nous avions pris l'un des avions de la Canadian Pacific Air Lines Ltd, Aerial Survey Division pour photographier le territoire?

Des champs et encore des champs, des milliers de petits et grands potagers, souvent enclavés dans des quartiers en construction, des dizaines de petits ruisseaux, des banlieues en expansion et l'incroyable place que prenait alors les chemins de fer, les immenses gares de triage. Et tant d'autres choses, comme le pavillon central de l'Université de Montréal, presque tout seul, au sommet du mont Royal.

Les Archives de la Ville de Montréal ont déposé dans le portail de données ouvertes de la Ville plus de 3 900 photos aériennes: c'est une collection fascinante à voir et à regarder. Pour réaliser cette cartographie aérienne de l'Île en 1949, le territoire a été séparé en 48 couloirs. De 50 à 95 photos étaient prises pour couvrir chaque couloir. Chacune d'entre elles représente donc qu'une petite fraction de l'ensemble. En les regardant une à une, on a beaucoup de difficulté à les situer, d'autant plus que le "chevauchement" entre les photos est assez grand, plus de 30 % du territoire se retrouve souvent sur les photos adjacentes.



Mais la technologie peut donner un bon coup de main! Pour juxtaposer les photos les unes aux autres, j'ai utilisé l'application Photosynth de Microsoft. C'est très facile à utiliser et à mettre en ligne (mais le téléchargement m'a semblé un peu long). Je n'ai pas vérifié chaque collage fait automatiquement, mais le résultat me semble très bon, sinon excellent. Voici le résultat pour 200 photos. Choisir "Agrandir pleine vue" pour un meilleur résultat. D'autres applications peuvent créer ce type de panorama composée de centaines de photos, avec plus de fonctionnalités et de souplesse.

Pour avoir un avant-goût de toutes les possibilités de découverte que l'on pourra faire avec la carte aérienne générale de l'Île en 1949, cette application remplit tout à fait son rôle.

Le long édifice au centre "inférieur" de l'image est le Grand Séminaire, rue Sherbrooke à l'Ouest de la rue Guy; plus à gauche, c'est le Collège Dawson, à l'ouest de la rue Atwater.

Bonne visite!


Vous pouvez comparer avec la carte actuelle:


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11 commentaires:

  1. Merci pour ce beau travail d'identification et de diffusion. Je viens de découvrir moi aussi cette fascinante collection de photos aériennes. Ça faisait au moins 30 ans que je cherchais une photo, une carte ou quelque image que ce soit de l'endroit où mes parents ont acheté leur maison en 1951 et où je suis né. Je voulais voir de quoi ça avait l'air avant. Enfant, mes parent me disaient toujours que la maison avait été construite sur d'anciens champs d'agriculteurs, et qu'il y avait même de vieilles clôtures de pierre enfouies aux limite de notre petit terrain de 50 X 100 pieds. La semaine dernière, j'en ai finalement eu la preuve: sur la la photo P16-40, je vois très bien l'emplacement de la maison, située au coin de la 6è avenue et de la rue L.O.-David dans le quartier St-Michel. J'ai même fait une juxtaposition de l'image dans Google Earth pour bien voir l'avant et l'après. C'est fascinant de voir à quel point les anciennes limites de lot ont façonné les rues et ruelles actuelles de ce quartier.

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    1. J'ai aussi remarqué comment le territoire avait changé. Le nombre de potagers, de terrains boisés, cultivés, de champs, de ruisseaux est vraiment impressionnant. J'aurais aimé trouvé une application avec des fonctionnalités pour permettre la contribution de tout le monde pour identifier d'anciens lieux, ajouter ds souvenirs comme les vôtres. La superposition dans Google Earth serait sans doute possible pour les 3 920 photos! (Et merci pour vos bons commentaires)

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    2. Je ne suis pas du tout expert en application de cartographie, géomatique et autres, mais Google Earth permet de positionner et redimensionner des photos, puis d'exporter un fichier de description (format kmz ou kml, pas certain). Pour mon exemple, j'ai téléchargé la photo P16-40 sur mon disque (j'aurais probablement pu seulement utiliser l'URL), je l'ai importée dans Google Earth, j'ai positionné et redimensionné visuellement à l'aide d'éléments (rues, bâtiments) communs aux deux époques. Ça m'a pris environ une dizaine de minutes. Si on multiplie ça par 3920, ça prendrait environ 650 heures de travail pour l'ensemble des photos. Un beau projet de "crowdsourcing" :-)

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    3. La superposition dans Google Earth serait très intéressante, mais un peu longue, même en crowdsourcing, et on resterait avec encore près de 4000 photos séparées les unes des autres. Je cherche une application qui permettrait de coller automatiquement les 3 920 photos dans un seul méga-fichier. Ensuite, avec la version Pro, on pourrait la superposer dans Google Earth. Il serait aussi possible d'utiliser cette carte de l'ensemble de l'Île dans d'autres applications. Photosynth permet de créer des fichiers jpg ou Photoshop des photos "amalgamées", mais de taille moyenne. Aussi, pour les zones où il y a moins de patterns précis, le résultat est parfois pas très bon.

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    4. C'est vrai que pour beaucoup de zones, la superposition serait quasi-impossible. En rattachant toutes les photos ensemble, ces zones suivraient celles qui sont facile à superposer, donc cette solution apparaît plus réaliste, mais extrêmement demandant en terme de puissance de traitement? Par contre, l'avantage que je voyais à positionner les photos séparément, c'est que Google Earth renverrait les coordonnées latitude/longitude (nord-sud-est-ouest+rotation) pour chacune, ce qui pourrait être retourné aux Archives de la ville et enrichir leur méta-données sans que ça leur coûte une fortune.

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    5. Pour une application complète, ça prendra certainement une importante puissance de traitement et sans doute le soutien technique de professionnels. Il y a des logiciels qui rectifient et corrigent les distorsions des cartes pour les superposer "parfaitement" sur une carte d'aujourd'hui. Mais c'est possible. Un bon logiciel pourrait sans doute garder en mémoire la position de chaque photo individuelle et générer les coordonnées long-lat....
      La Ville doit rendre public bientôt des versions HD en format TIFF de cet ensemble de photos. Ça exigera encore plus de puissance de traitement, mais la qualité sera beaucoup plus grande.

      Faudrait aussi trouver une manière de projeter cette carte géante de Montréal sur une très grande surface, intérieure ou extérieure. En réalité, personne n'a encore jamais pu la voir globalement: c'est une carte inédite! Ça prendrait une projection de Moments Factory sur les murs de BAnQ...

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  2. Tout cela me semble très bien, sauf que si les données sont ouvertes, ce que vous utilisez pour les mettre à disposition des usagers l'est moins. Déjà, vous utilisez une application Windows, qui est un système fermé. Vous avez bien le droit de vous servir des logiciels que vous voulez, mais là où ça se gâte, c'est de mon côté. J'utilise Ubuntu, un système basé sur Linux, et dès que je clique sur l'image, on me prévient que je dois installer Microsoft Silverlight, un truc propriétaire qui n'est pas disponible sur ma plateforme, et qui ne devrait jamais être proposé dans un Internet neutre, ouvert et respectueux des standards. Silverlight est d'ailleurs largement rejeté par la communauté web.
    Alors un sincère bravo pour l'intention, mais pour ce qui est des résultats, c'est un échec.

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    1. Monsieur Dion,

      Avez-vous une alternative, un logiciel aussi performant, facile à utiliser, en libre accès que Photosynth à me suggérer? J'en ai cherché, et je n'en ai pas trouvé. À qui la faute, à Microsoft?

      Il faut regarder les deux côtés de la médaille. Les logiciels "propriétaires" et les "ouverts" co-existent, et vont le faire pendant encore très longtemps. Aucun des deux domaines n'offrent la totalité des applications numériques.

      J'ai mentionné les contraintes de cette application dans ma présentation: "D'autres applications peuvent créer ce type de panorama composée de centaines de photos, avec plus de fonctionnalités et de souplesse." Et j'ajoutais: "ceci est un avant-goût d'une carte générale..." Pour moi, la contrainte la plus importante est l'absence de fonctionnalités pour permettre un projet d'annotations et de contributions collectives.

      Ceci dit, si vous avez des suggestions concrètes de logiciels, d'applications, je suis très ouvert à les recevoir. Et si ces applications exigent les compétences et des heures de travail d'un développeur Web, j'aimerais que vous me proposiez aussi vos services, gratuitement!

      Pour ma part, je trouve le résultat très satisfaisant compte tenu du temps que cela a exigé, des objectifs de découverte que je poursuivais. Et rien n'empêche quelqu'un d'en faire un autre usage, une autre visualisation.

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    2. Bien répondu, Monsieur Gauvreau. C’est ben beau chialer, mais faut amener des solutions, pas juste chialer. Bonne journée !

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  4. Moi mon dada, c’est le ruisseau Molson, grâce a ces mêmes photos aériennes de 1947 à 1949, j’ai pu vraiment le voir vu de haut. J’ai même fait un vidéo sur le terrain pour comparer les vieilles photos aériennes et le présent.

    Ruisseau Molson : comparatif avec photos aériennes de 1947, Secteur Notre-Dame, Restaurant Lafleur

    http://youtu.be/3uK4JD49kMY

    Le lien pour les photos aériennes vu de dessus de 1947 :
    http://donnees.ville.montreal.qc.ca/fiche/vues-aeriennes-archives/

    L’endroit où j’étais sur Google Map :
    ‪http://goo.gl/maps/Lnwgr‬

    Le ruisseau Molson est encore très vivant ! Regardez l’eau qu’il y a dedans ! C’est pas beau ça ? Le ruisseau est pompé dans les égouts presqu’au niveau de Notre-Dame. C’est vraiment triste...

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